La dette cachée du Sénégal, la santé au Bénin, l’école bilingue à Diamniadio : ce que fait vraiment IBP en Afrique francophone

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Le lancement du bureau régional de l’International Budget Partnership (IBP) à Dakar a fait parler de lui en juillet. Mais derrière l’annonce, l’organisation travaillait déjà sur le terrain depuis janvier. Traçage de la dette cachée, écoles bilingues, couverture santé, digitalisation de la TVA. Petit tour des dossiers concrets qui touchent votre quotidien.

La dette qui se cache dans les chiffres

Au Sénégal, l’affaire de la dette cachée a marqué les esprits. IBP en a fait un cas d’école. Avec le Finance for Development Lab, l’organisation a montré comment détecter une dette dissimulée à partir des statistiques publiques de la Banque mondiale. La méthode est simple, une dette est dite cachée quand un État emprunte sans la déclarer dans ses comptes officiels, ce qui gonfle artificiellement les marges de manœuvre budgétaires réelles du pays.

Une campagne baptisée #SunuDette a suivi ce travail, avec un webinaire pour expliquer aux citoyens comment suivre eux mêmes l’évolution de la dette publique nationale.

Un pied en Côte d’Ivoire

Le travail ne s’arrête pas au Sénégal. En Côte d’Ivoire, IBP siège désormais au comité de pilotage du projet Pact Budgétaire, une initiative soutenue par l’Union européenne pour associer davantage la société civile aux décisions budgétaires. En juillet, les résultats de la dernière Enquête sur le budget ouvert ont été présentés à la Délégation de l’UE à Abidjan devant une quarantaine de représentants du gouvernement, du parlement, de la société civile et des médias.

Quand le budget rejoint la salle de classe

Le lien entre finances publiques et vie quotidienne se voit peut-être le mieux dans l’éducation et la santé. IBP a accompagné une revue stratégique du programme d’enseignement bilingue au Sénégal, avant d’assister au lancement de sa campagne nationale de communication à Diamniadio. Sur la santé, un dialogue parlementaire sur la couverture sanitaire universelle a réuni élus et société civile, pendant qu’un forum communautaire à Saint-Louis a exploré les conséquences sanitaires de l’exploitation gazière sur les populations locales.

Une voix qui porte au delà de la région

IBP ne se contente pas de travailler dans l’ombre des ministères. L’organisation a pris la parole à San Francisco lors d’un sommet mondial de la philanthropie, mais aussi à Rabat, où ses équipes ont présenté des expériences de budget participatif venues du Bénin, du Maroc, de la RDC, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun et du Sénégal. Elle a aussi participé, aux côtés de la Banque africaine de développement et de la CEDEAO, à un séminaire sur la digitalisation de la TVA au Nigeria, au Togo, en Côte d’Ivoire et en Guinée, un chantier qui pourrait, à terme, simplifier la collecte des impôts et réduire la fraude fiscale.

Le lancement n’était qu’un point d’étape

Jusqu’ici, l’organisation opérait sous le nom d’IBP Sénégal. Le passage à IBP Afrique Francophone ne sort donc pas de nulle part. Il vient couronner des années de travail de terrain, dont les dossiers récents donnent un aperçu concret, sur des sujets qui touchent directement les citoyens, de la dette qu’on ne voit pas aux écoles qu’on construit vraiment. La vraie question, maintenant, c’est de savoir si les prochains mois ou années transformeront ces initiatives éparses en résultats mesurables pour les onze pays concernés.

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