Assurance : comment les primes de tout le monde financent les sinistres de quelques-uns

Assurance

En 2025, les assureurs de Côte d’Ivoire ont collecté près de 697 milliards FCFA de primes, en hausse de près de 10% en un an. Derrière ce chiffre se cache un principe simple qui fait tourner tout le secteur, chaque année, la majorité des assurés ne déclare aucun sinistre, et c’est leur argent qui paie les sinistres de la minorité qui en a besoin.

Le principe qui fait tenir tout le système

La mutualisation des risques repose sur un calcul statistique. Sur mille conducteurs assurés, seule une poignée aura un accident dans l’année, mais personne ne sait à l’avance lesquels. En faisant payer une petite somme à chacun des mille, l’assureur réunit de quoi indemniser les quelques sinistres qui surviendront, sans que la personne touchée n’ait à supporter seule le coût. Plus le groupe assuré est large, plus la fréquence des sinistres devient prévisible pour l’assureur, même si elle reste imprévisible pour chaque assuré pris individuellement.

Comment le prix d’une prime est calculé

La prime que paie chaque assuré combine trois éléments, la probabilité statistique qu’un sinistre survienne, le coût moyen de ce sinistre lorsqu’il arrive, et les frais de gestion de l’assureur. Un jeune conducteur paie plus cher parce que les statistiques du secteur montrent un risque d’accident plus élevé pour ce profil, pas parce que l’assureur le pénalise arbitrairement.

Qui vérifie que l’assureur aura l’argent le jour venu

En Côte d’Ivoire comme dans treize autres pays d’Afrique francophone, les assureurs sont soumis au «Code CIMA», issu du Traité de Yaoundé signé le 10 juillet 1992 et entré en vigueur en février 1995. Ce texte régional impose aux compagnies de constituer des réserves financières suffisantes pour honorer les sinistres à venir, et pas seulement ceux déjà déclarés. Fin 2025, le marché ivoirien comptait 22 compagnies non-vie, 12 compagnies vie, une société de micro-assurance et deux réassureurs, sous la supervision de la Direction des assurances.

Quand un seul sinistre dépasse ce qu’un assureur peut payer seul

Un incendie industriel ou un accident aérien peut coûter, à lui seul, plus que ce qu’un assureur a mis de côté pour toute une année. Dans ce cas, l’assureur ne porte pas seul le risque, il en cède une partie à un réassureur, qui mutualise à son tour ce risque avec d’autres assureurs de la région. Les primes de milliers de conducteurs, de commerçants et de familles finissent ainsi par circuler jusqu’à des réassureurs qui, eux, peuvent absorber un sinistre qu’aucune compagnie seule n’aurait pu payer.

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