
En Côte d’Ivoire, le mobile money s’est imposé au quotidien, mais ce qu’un opérateur gagne réellement sur une transaction ne se limite pas au petit pourcentage prélevé au retrait. Voici les autres endroits où circule l’argent, avant qu’il n’arrive dans les comptes de Wave, Orange Money, MTN MoMo et Moov Money.
Le frais que vous voyez n’est pas le plus rentable
Le frais qu’un client paie au retrait, autour de 1% chez la plupart des opérateurs en 2026, n’est qu’une partie de l’équation. Les commerçants qui acceptent un paiement mobile money paient de leur côté une commission plus élevée, entre 1% et 2,5% selon l’opérateur, prélevée sur chaque transaction. Cette commission marchande, invisible pour le client final, pèse sur un volume bien plus large que les simples retraits entre particuliers, et Wave y revendique aujourd’hui environ 40% du marché ivoirien, devant MTN MoMo autour de 28%.
Une taxe que personne ne voit sur son reçu
Depuis le 1er janvier 2019, une disposition de l’annexe fiscale ivoirienne impose aux entreprises émettrices de monnaie électronique une taxe cumulée de 7,2% sur leurs revenus de commissions. Officiellement, cette taxe est due par les opérateurs et non par le client, selon la Direction générale des impôts. Dans les faits, Orange, MTN et Moov avaient répercuté dès février 2019 une hausse tarifaire proportionnelle sur leurs clients, un geste que l’administration fiscale avait alors jugé illégal.
Pourquoi les tarifs ont autant bougé depuis 2021
Arrivé en Côte d’Ivoire sans être adossé à un opérateur télécom, Wave a cassé les prix en imposant des frais de retrait à 1%, largement en dessous de ce que pratiquaient alors Orange Money et MTN MoMo, ce qui a fini par forcer l’ensemble du marché à s’aligner sur ce niveau. N’étant pas rattaché à des revenus data ou téléphonie comme ses concurrents, Wave a construit son modèle sur le volume de transactions plutôt que sur la marge prélevée à chacune.
Le réseau d’agents, un autre partage de la commission
Une partie de la commission prélevée sert aussi à rémunérer le réseau d’agents, les tenanciers de points de vente qui gèrent les dépôts et retraits en espèces. Certains de ces agents se sont plaints ces dernières années de commissions plus faibles chez les opérateurs classiques que chez Wave, un point de friction qui rappelle que la commission payée par un client se partage en réalité entre l’opérateur, son réseau d’agents et, en partie, l’État.
