
Le 10 septembre 2026, le patron du régulateur télécoms camerounais a de nouveau réuni les directeurs de MTN Cameroun et d’Orange Cameroun pour évoquer la dégradation du réseau. La scène a des airs de déjà-vu, elle s’est déjà jouée au moins deux fois depuis 2022, sans que les plaintes des abonnés ne disparaissent durablement.
Une réunion de plus, avec les mêmes griefs
La session de travail du 10 septembre s’est tenue au Platinum Building de Yaoundé, sous la présidence du directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications, le professeur Philémon Zoo Zame, en présence des directeurs généraux de MTN Cameroun, Wanda Matandela, et d’Orange Cameroun, Patrick Benon. Les échanges ont porté sur des sujets déjà familiers, l’obligation d’amélioration de la couverture réseau, la sécurisation des infrastructures, l’identification stricte des abonnés et la résorption des zones dépourvues de signal à travers le pays.
Le même scénario s’est déjà joué à plusieurs reprises
Ce même directeur général avait déjà convoqué les opérateurs en 2022 pour manquement à leurs obligations de qualité de service, puis de nouveau en avril 2023 lors d’une réunion de crise organisée en pleine campagne de boycott des abonnés. Un mois plus tard, l’ART avait infligé un total de 6 milliards de francs CFA d’amendes à MTN, Orange, Camtel et Nexttel, Orange héritant à elle seule de 2,2 milliards de francs CFA. Une nouvelle friction était réapparue depuis, les opérateurs se plaignant en 2025 d’avoir subi 14 inspections techniques depuis janvier de la même année, jugées chronophages, tout en contestant le mode de calcul des redevances sur les fréquences hertziennes.
Une pression régulière, des résultats qui restent à démontrer
Ni les mises en demeure de 2022, ni les amendes de 2023, ni les inspections de 2025 ne semblent avoir mis fin durablement aux plaintes des abonnés, puisqu’une nouvelle session de travail a été jugée nécessaire en septembre 2026. Le régulateur camerounais mène par ailleurs, en parallèle, une autre offensive ce même mois, la constitution d’un annuaire national des opérateurs et fournisseurs certifiés, dont la collecte de données doit s’achever le 30 septembre, pour distinguer les acteurs agréés des réseaux clandestins qui prolifèrent dans le secteur.
La régulation par la convocation a ses limites
Un régulateur qui convoque, sanctionne, inspecte et recommence quatre ans plus tard n’est pas nécessairement un régulateur sans effet, mais le cycle interroge sur la nature du levier dont il dispose réellement face à deux des plus grands groupes télécoms du continent. La prochaine étape à surveiller sera de savoir si les engagements pris le 10 septembre se traduisent, cette fois, par des indicateurs de couverture vérifiables plutôt que par une nouvelle convocation dans deux ou trois ans.
