Côte d’Ivoire : ces marques locales qui vendent déjà à l’étranger

Cabosses de cacao mûres suspendues à une branche dans une plantation tropicale

L’Agence Côte d’Ivoire Export a lancé le 23 octobre 2026 un programme de 500 millions de francs CFA pour accompagner trente entreprises locales vers l’exportation, dont vingt-cinq ont déjà réalisé au moins une opération hors des frontières. Chocolatiers, créateurs de mode ou producteurs d’attiéké, des marques ivoiriennes se font déjà une place sur des marchés où le pays pèse encore très peu. Tour d’horizon de celles qui ont franchi le pas.

Trente entreprises sur cinquante-neuf candidates

Le programme est financé par le fonds public de restructuration et de mise à niveau des entreprises industrielles et court jusqu’à fin mai 2027. Il vise une hausse d’au moins 20 % du chiffre d’affaires à l’export des bénéficiaires, choisis parmi 59 candidatures. Vingt-trois d’entre eux transforment leurs produits sur place, quinze sont installés à l’intérieur du pays et douze sont de jeunes entreprises. Chacun peut obtenir jusqu’à 2,5 millions de francs CFA de soutien logistique pour ses premières commandes, ainsi qu’une place dans des salons et des rencontres avec des acheteurs.

Six marchés sont visés, le Maroc, la Tunisie, la France, le Nigeria, la République démocratique du Congo et l’ensemble formé par le Sénégal et la Gambie. Les produits vont des tisanes au miel, en passant par les cosmétiques et les huiles.

Le chocolat, de Cocody à New York

Aminata Gnélé Coulibaly, fondatrice de Luster Chocolate, a présenté ses tablettes au Salon du Chocolat de New York du 21 au 23 mars 2025, devant plus de 14 000 visiteurs. Ses associations de cacao avec le gingembre, la noix de coco, la mangue ou le piment y ont déclenché des échanges avec des distributeurs américains.

Axel Emmanuel Gbaou, chocolatier installé à Cocody, a été choisi comme porte-parole du premier Salon du Chocolat du Canada, tenu à Montréal du 7 au 10 novembre 2024. Il a ensuite décroché deux médailles au Salon du Chocolat de Paris en 2025 pour ses tablettes à 75 % et 85 % de cacao, et il exporte notamment vers la France et le Congo.

La mode, cousue à Abidjan et portée à Paris

Loza Maléombho, dont l’atelier se trouve à Treichville, a habillé Beyoncé, Solange Knowles et Kelly Rowland avec des créations en pagne baoulé, en pagne kita et en jute. Elie Kuame, dont la maison de Cocody approche ses vingt ans, a défilé aux semaines de la mode de Paris et de New York sans quitter Abidjan, et près de la moitié de ses tissus sont du pagne tissé. Ibrahim Fernandez a exposé aux Galeries Lafayette à Paris et dessiné une robe pour Aya Nakamura lors d’un concert au Stade de France.

Tous trois gardent leur base dans la capitale économique, si bien que la marque voyage sans que l’atelier déménage.

Une étiquette pour voyager avec le produit

Certains produits partent sous un nom protégé. L’attiéké des lagunes, le pagne baoulé et le café des montagnes de Man bénéficient d’indications géographiques protégées enregistrées le 18 juillet 2023 par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle. L’attiéké des lagunes a été officiellement mis sur le marché sous ce label le 26 mars 2026 à Dabou.

Un label commun, « Made in Côte d’Ivoire », est en phase finale de validation après un atelier tenu le 25 juin 2026. Le karité, la mangue Kent, le riz de Danané, l’oignon violet de la Comoé et l’huile rouge de Man sont en cours de certification, avec un objectif fixé à fin 2026, alors que les exportations de mangue vers l’Union européenne sont suspendues depuis le 1er août 2026.

Cinq milliards d’euros de rayons à conquérir

En France, le service commercial de l’ambassade ivoirienne à Paris évalue le marché des produits du monde à près de 5 milliards d’euros par an, en croissance de plus de 27 %, et la part de la Côte d’Ivoire à moins de 1 %. Il a conduit une délégation au forum Afretail du 30 juin 2026, puis au marché international de Rungis.

Le 17 juillet 2026, l’enseigne Teriya, fondée par les entrepreneurs ivoiriens Bamba et Cissé, a ouvert à Meudon son deuxième magasin de produits ivoiriens, d’abord pensé pour la diaspora et désormais tourné vers un public plus large. Il reste aux trente entreprises du programme, jusqu’en mai 2027, à transformer ces vitrines en commandes régulières.

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