Mobile money : la Côte d’Ivoire en tête de l’UEMOA, mais des comptes peu utilisés

Banque - Mobile money

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a publié le 20 octobre 2026 son tableau de bord de l’inclusion financière pour l’année 2025. Dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la monnaie électronique a brassé 219 151 milliards de FCFA, dont 71 307 milliards en Côte d’Ivoire. Derrière ce volume en forte hausse, environ deux comptes sur trois restent pourtant endormis.

Un volume en hausse de près de 40 %

Les transactions de monnaie électronique ont atteint 219 151 milliards de FCFA en 2025, contre 156 889 milliards un an plus tôt, soit +39,7 %. Le nombre d’opérations grimpe de 37,3 %, à 16,37 milliards, et les points de service actifs progressent de 50,8 %, pour atteindre 1,45 million à travers l’Union.

La Côte d’Ivoire pèse à elle seule 32,5 % de la valeur, devant le Sénégal (58 617 milliards) et le Burkina Faso (43 456 milliards). Cela représente environ 195 milliards de FCFA qui circulent chaque jour sur les portefeuilles ivoiriens.

Deux comptes sur trois dorment

L’Union compte 284,8 millions de comptes ouverts, mais 92,7 millions seulement ont servi au moins une fois au cours des 90 derniers jours, soit un taux d’activité de 32,56 %, contre 30,90 % en 2024. La Côte d’Ivoire détient 109,6 millions de comptes, soit 38,5 % du total, dont 33,3 millions actifs, un taux de 30,37 %. Ouvrir un portefeuille ne suffit donc pas à s’en servir.

La moitié de la valeur sert à remplir et à vider les portefeuilles

Les rechargements représentent 55 725 milliards de FCFA et les retraits 52 230 milliards, soit à eux deux 49,3 % de la valeur totale. Les transferts entre particuliers pèsent 58 781 milliards (26,8 %), alors que les paiements chez les commerçants atteignent 11 756 milliards (5,4 %) et le règlement des factures 2 167 milliards. Le mobile money reste d’abord un outil pour déplacer et convertir de l’argent, avant d’être un moyen de payer.

Paiements et envois entre pays accélèrent

La catégorie des paiements a atteint 16 948 milliards de FCFA, contre 5 809 milliards en 2024, soit près de trois fois plus. Les transferts entre pays de l’Union passent de 5 661 milliards à 23 953 milliards, multipliés par 4,2, et représentent désormais 10,9 % de la valeur totale. Ces deux segments progressent bien plus vite que l’ensemble du marché.

Un usage plus de deux fois plus répandu que la banque

En Côte d’Ivoire, 86,89 % des adultes utilisent la monnaie électronique, contre 60,27 % dans l’Union, alors que le taux de bancarisation strict s’établit à 37,09 %. Le pays compte 329 points de monnaie électronique pour 10 000 adultes, contre 1,14 point de service bancaire.

Rendez-vous le 2 novembre

Le 2 novembre 2026, plusieurs règles changent. Les transactions interopérables doivent passer par la plateforme de paiement instantané PI-SPI, et les envois nationaux deviennent gratuits jusqu’à 8 000 FCFA cumulés par jour et par utilisateur, la réception l’étant sans limite. Les transferts entre pays de l’Union suivront à partir du 1er juin 2027. Le 2 novembre marque aussi le doublement du plafond des avoirs en monnaie électronique, qui passe à 4 millions de FCFA par émetteur.

Côté connexion, Wave et Moov Money ont rejoint PI-SPI, dont la liste compte désormais 38 participants ivoiriens, contre 23 auparavant. Les prochaines publications de la BCEAO diront si ces changements font monter la part des paiements, aujourd’hui à 5,4 % de la valeur pour les achats chez les commerçants.

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