Moov Africa Côte d’Ivoire fête ses 20 ans, d’outsider à troisième opérateur du pays

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En juillet 2006, Moov débarquait sur un marché ivoirien des télécoms déjà installé, avec l’ambition assumée de bousculer les codes. Vingt ans plus tard, la marque revendique plus de 12 millions d’abonnés et lance sa campagne anniversaire « Voir Grand ». Entre l’histoire officielle racontée par l’opérateur et les chiffres publiés par le régulateur, le bilan de deux décennies se dessine.

Une origine ivoirienne, devenue panafricaine

Moov naît en juillet 2006 sous l’aile d’Atlantique Telecom, un groupe fondé quatre ans plus tôt par l’homme d’affaires ivoirien Bernard Koné Dossongui. Dès 2008, le groupe émirati Etisalat en devient l’actionnaire majoritaire, avant de céder en 2014 l’ensemble de ses filiales ouest-africaines, dont Moov Côte d’Ivoire, au marocain Maroc Telecom, pour un montant avoisinant les 650 millions de dollars. Le changement d’actionnariat est formellement validé par le Conseil des ministres ivoirien en janvier 2015, l’étape que l’opérateur retient aujourd’hui comme son second acte fondateur. Le troisième acte intervient en janvier 2021, avec le rebranding de la marque en « Moov Africa », une identité commune à l’ensemble des filiales subsahariennes du groupe marocain.

Des chiffres qui tiennent, une fois confrontés au régulateur

L’opérateur revendique aujourd’hui plus de 12 millions d’abonnés. L’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire confirme un ordre de grandeur très proche, 11 960 708 abonnés au 30 juin 2025, contre 30,9 millions pour Orange et 17,1 millions pour MTN. Sur les investissements, le rapport annuel de l’ARTCI pour 2025 recense 60,76 milliards de FCFA injectés par Moov dans son réseau sur la seule année 2025, en progression de 19,2 % sur un an, la plus forte hausse relative des trois opérateurs après celle de MTN. Le chiffre d’affaires 2025 de l’opérateur s’établit à 237,37 milliards de FCFA, une progression plus modeste de 3,9 %.

Troisième, mais loin d’être marginal

Sur le marché ivoirien de la téléphonie mobile, Moov reste troisième, avec une part de marché en valeur autour de 21,8 % à fin septembre 2025, loin derrière Orange, qui dépasse la moitié des parts en valeur, et derrière MTN, autour de 28 %. Sur le segment spécifique de Moov Money, le service d’argent mobile de l’opérateur revendique une croissance de 18 %, un rythme qui reste toutefois à relativiser, l’ARTCI recensait 2,3 millions d’abonnés Moov Money au 30 juin 2025, contre 16,2 millions pour Orange Money et 8 millions pour MTN Mobile Money, un segment sur lequel l’écart avec les deux leaders demeure le plus marqué.

Le pari du réseau, avec un rattrapage encore en cours

L’opérateur met en avant une couverture 4G en progression de 79 % sur la période, une 3G en hausse de 88 % et une 2G en hausse de 89 %, ainsi qu’un déploiement de plus de 9 000 kilomètres de fibre optique reliant plus de 72 000 foyers et entreprises. Ces chiffres traduisent un effort réel, mais un rattrapage reste visible face aux deux autres opérateurs, le taux de couverture 4G de Moov s’élevait à environ 63 % du territoire début 2025, contre plus de 86 % pour Orange et 84 % pour MTN.

L’impact sociétal et les vingt prochaines années

Au-delà des chiffres de marché, Moov Africa Côte d’Ivoire met en avant plusieurs initiatives portées sur la durée, son programme Cyberlab et son Start-Up Challenge destinés à la jeunesse innovante, un partenariat avec l’IFEF pour l’autonomisation économique des femmes, ainsi que des actions ponctuelles de solidarité. Pour les vingt prochaines années, l’opérateur affiche plusieurs priorités, accompagner l’évolution de la 5G, étendre la fibre optique à l’ensemble du pays, accélérer la digitalisation de ses services et développer des solutions financières plus inclusives via Moov Money.

Ce que ces deux décennies dessinent

Le récit que Moov Africa Côte d’Ivoire raconte pour ses 20 ans, celui d’un outsider devenu catalyseur de réussite, trouve un appui réel dans les chiffres du régulateur sur les abonnés et les investissements. Il laisse en revanche de côté l’écart de couverture réseau qui subsiste encore avec ses deux concurrents, un chantier que l’opérateur situe lui-même au cœur de ses priorités pour la prochaine décennie.

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