Les banques ivoiriennes commencent à louer leurs distributeurs automatiques plutôt que de les acheter

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Installer, entretenir, surveiller et sécuriser un parc de guichets automatiques coûte cher et immobilise du capital. En Côte d’Ivoire, deux institutions financières ont déjà choisi une autre voie, confier l’ensemble de cette chaîne à un prestataire externe plutôt que de la gérer en interne.

Le modèle en clair

Le principe de l’« as-a-service » appliqué aux guichets automatiques bancaires consiste à confier à un prestataire l’installation, la maintenance, la supervision, la sécurité et les mises à jour technologiques de l’ensemble d’un parc de distributeurs. Concrètement, la banque passe d’un modèle d’achat de matériel à un modèle de location, un changement qui transforme une dépense d’investissement lourde en charge d’exploitation récurrente et prévisible.

Un lancement formel à Abidjan

Le 26 mai 2026, OMOA Group a présenté sa solution « ATM as a Service » lors d’une rencontre avec la presse à son siège d’Abidjan. Le groupe, présent dans onze pays d’Afrique subsaharienne, s’appuie sur plus de 30 centres techniques et gère aujourd’hui plus de 3 000 guichets automatiques installés à travers ses différents marchés. Selon Ibrahim Dosso, directeur stratégie et commercial du groupe, le passage d’un modèle d’achat à un modèle de location permet aux banques d’augmenter le nombre de distributeurs déployés et d’améliorer le maillage territorial, un levier direct pour l’inclusion financière dans les zones les moins couvertes.

Pourquoi les banques externalisent

L’argument mis en avant dépasse la simple question budgétaire. Une supervision continue des distributeurs permettrait d’améliorer la disponibilité du cash, de réduire les pannes et de renforcer la lutte contre la fraude, un enjeu de taille pour des équipements qui restent une cible privilégiée pour la criminalité. Pour les banques, l’intérêt est aussi organisationnel, la gestion technique d’un parc de guichets automatiques n’est pas leur cœur de métier, et l’externaliser libère des ressources pour se concentrer sur les services financiers eux-mêmes.

Une dynamique déjà régionale

En Côte d’Ivoire, deux institutions financières ont déjà adopté ce modèle. Le mouvement dépasse toutefois les frontières ivoiriennes, la solution est également déployée au Togo, au Cameroun, au Burkina Faso et en République centrafricaine. Une dizaine d’autres banques seraient en discussion avancée pour franchir à leur tour le pas de l’externalisation.

Vers des distributeurs plus intelligents

L’ambition affichée va au-delà de la simple délégation technique. D’ici la fin de l’année 2026, les distributeurs concernés devraient offrir un niveau de service comparable à celui d’un smartphone, retrait d’argent, consultation de solde, dépôt de chèques et de cash, mais aussi des usages inédits comme le paiement d’un billet de concert directement depuis l’écran du guichet. Les prochaines étapes prévoient aussi d’étendre l’externalisation à la gestion complète du back-office monétique, pour maximiser les gains de productivité des établissements bancaires qui franchissent le pas.

Ce que cette transition annonce

Le secteur bancaire ouest-africain reste confronté à un double impératif, moderniser ses infrastructures tout en maîtrisant ses coûts d’investissement. Le modèle as-a-service, encore limité à une poignée d’institutions en Côte d’Ivoire, pourrait devenir la norme si les discussions en cours avec d’autres banques de la région aboutissent, transformant durablement la manière dont les établissements financiers africains pensent leur relation au cash physique.

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