300 millions de dollars pour moderniser les lycées ghanéens, la Côte d’Ivoire a-t-elle un plan comparable

img 20260729 1611351012715872583744698

Le Ghana vient d’obtenir un financement dédié à la remise à niveau de son enseignement secondaire. Un mois plus tôt, la Côte d’Ivoire signait elle aussi de nouveaux accords avec la Banque mondiale, mais pas exactement sur le même terrain.

Ce que le Ghana a obtenu

Le 16 juin 2026, la Banque mondiale a approuvé un financement de 300 millions de dollars pour le projet STARR-J, consacré à la transformation de l’enseignement secondaire ghanéen. Le gouvernement du Ghana y ajoute de son côté 31 millions de dollars de financement de contrepartie, portant le montant total du projet à 331 millions de dollars. Le Parlement ghanéen a validé l’accord le 22 juillet. Le programme prévoit 210 interventions à travers le pays, la construction de 10 nouveaux établissements, la réhabilitation de 150 lycées existants, ainsi que la montée en catégorie de 30 écoles classées C vers la catégorie B et de 20 écoles de la catégorie B vers la A. L’objectif affiché est d’atteindre 2,3 millions d’élèves et de mettre fin, sous deux ans, au système d’enseignement par rotation adopté faute de place suffisante dans les classes.

Et la Côte d’Ivoire, un mois plus tôt

Le 8 juillet 2026, en marge du Groupe consultatif consacré au financement du Plan national de développement 2026-2030, la Côte d’Ivoire a signé avec la Banque mondiale de nouveaux accords totalisant 875 millions de dollars. L’essentiel, 400 millions de dollars, prend la forme d’un appui budgétaire destiné à soutenir les réformes du climat des affaires et la création d’emplois. Un second volet de 220 millions de dollars finance le programme Compétences pour l’innovation, la résilience et les aspirations, qui prévoit des formations techniques et professionnelles pour plus de 900 000 jeunes, dans l’énergie, la santé, l’agro-industrie ou le tourisme. Ce paquet ivoirien dépasse en volume celui accordé au Ghana, mais il cible la formation professionnelle des jeunes déjà sortis du système scolaire plutôt que la rénovation physique des établissements secondaires eux-mêmes.

Sur l’infrastructure scolaire, un chantier plus dispersé

Le pendant ivoirien le plus proche du projet ghanéen reste, pour l’instant, plus fragmenté. À Boundiali, par exemple, la Banque mondiale finance depuis 2025 la réhabilitation de 11 établissements primaires pour 15 milliards de FCFA, dans le cadre du Projet de développement durable des villes secondaires, une échelle sans commune mesure avec le programme national ghanéen. Le cadre de partenariat pays de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire fixe par ailleurs un objectif chiffré sur la qualité plutôt que sur les bâtiments, faire passer la maîtrise de la lecture en troisième année d’école primaire de 18,9 % en 2020 à 43 % en 2025.

Deux priorités qui se répondent sans se ressembler

Le Ghana a choisi de concentrer un financement unique sur la remise à niveau physique de ses lycées, quand la Côte d’Ivoire répartit son effort entre soutien budgétaire global, formation professionnelle de masse et rénovation d’écoles au cas par cas. Les deux approches répondent à des urgences différentes, l’engorgement des salles de classe secondaires côté ghanéen, l’employabilité des jeunes déjà sortis du système côté ivoirien, sans qu’aucune des deux ne soit à proprement parler la traduction de l’autre.

Laisser un commentaire

Retour en haut

En savoir plus sur Numeralz

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

En savoir plus sur Numeralz

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture