Le Bénin numérique en 5 applis mobiles

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Au Bénin, le duel du mobile money se joue entre deux opérateurs télécoms, la mobilité urbaine a basculé vers une appli venue du Togo voisin, et deux pionnières locales font tourner des milliers de commerçants sans jamais apparaître dans les classements grand public. Voici comment ces cinq services structurent, chacun à sa façon, le quotidien numérique du pays.

MTN MoMo, l’appli sur laquelle la moitié du pays s’appuie déjà

MTN MoMo capte environ 55 % des transactions de mobile money au Bénin, avec une couverture qui s’étend aux 12 départements du pays. Sur le Play Store béninois, l’application MoMo occupe la première place du classement Finance parmi les applis gratuites, toutes catégories confondues.

Transferts, paiement de factures, accès à des comptes bancaires partenaires, la promesse reste la même qu’ailleurs sur le continent, remplacer le liquide et le guichet par un simple numéro de téléphone.

Moov Money, le concurrent qui reste solidement installé

Deuxième opérateur du pays avec environ 35 % de parts de marché, Moov Money conserve une base d’utilisateurs fidèle. Son application grand public, Moov Money BJ, figure elle aussi parmi les applications Finance les plus consultées du pays, aux côtés de MoMo.

L’application permet d’envoyer et recevoir de l’argent, payer des factures, et accéder à ses comptes auprès des banques partenaires de l’opérateur.

Gozem, le zémidjan numérique

Née à Lomé, l’application s’est imposée au Bénin au point de devenir, en 2026, la plateforme de VTC dominante du pays, présente à Cotonou mais aussi à Porto-Novo, Abomey, Natitingou et Parakou. L’argument reste le même que pour ses équivalents régionaux, un tarif affiché avant la course, un chauffeur identifié, un trajet suivi par GPS.

Au-delà du transport, l’application élargit son offre vers la livraison, le service coursier et la billetterie digitale pour les événements, avec l’ambition affichée d’en faire une super application du quotidien.

KkiaPay et FedaPay, les pionnières qui font tourner les commerçants sans être dans toutes les poches

Contrairement aux trois précédentes, ces deux fintechs ne figurent pas parmi les applications les plus téléchargées du pays, leur clientèle n’est pas le grand public mais les e-commerçants et petites entreprises qui s’en servent pour encaisser leurs paiements.

Fondée à Cotonou en 2017 par Gilles Kounou, KkiaPay a été élue « startup de l’année » par Afrique Économie en 2021, avant de s’étendre au Cameroun, à la Côte d’Ivoire et au Sénégal. FedaPay, fondée la même ville en 2018 par Boris Koumondji et Hermann Aguessy, traite pour sa part plus d’un milliard de francs CFA de volumes chaque mois.

Les deux permettent à un commerçant d’accepter en un seul point d’intégration le mobile money, les cartes bancaires et parfois le QR code, sans avoir à gérer plusieurs systèmes séparés.

Deux batailles qui ne se jouent pas sur le même terrain

Le Bénin numérique se joue en réalité sur deux tableaux distincts, la bataille visible entre MTN, Moov et Gozem pour l’attention du grand public, et une compétition plus discrète entre KkiaPay, FedaPay et leurs concurrents pour équiper les commerçants qui font tourner l’économie derrière ces mêmes écrans.

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