Ces fonds qui tissent, tour de table après tour de table, la toile de la mobilité africaine

Ville africaine

Quand la fintech de mobilité GoCab annonce un financement de 45 millions de dollars début février 2026, la levée en elle-même n’est pas ce qui retient l’attention. Ce sont les deux noms qui reviennent en tête d’affiche, E3 Capital et Janngo Capital, deux fonds que l’on retrouve d’un tour de table à l’autre dans la mobilité africaine, chacun avec sa propre thèse d’investissement. Remonter leur piste en dit plus long sur la direction du secteur qu’un simple communiqué de levée.

Le tour de table qui met la puce à l’oreille

GoCab, plateforme fondée en 2024 par Azamat Sultan et Hendrick Ketchemen pour financer des véhicules conformes à la charia destinés aux chauffeurs de taxi et livreurs africains, a bouclé un tour de 45 millions de dollars début février 2026, réparti entre 15 millions de dollars de capitaux propres et 30 millions de dollars de dette. Le tour a été mené par E3 Capital et Janngo Capital, avec la participation de KawiSafi Ventures et Cur8 Capital côté dette. Détail qui ne doit rien au hasard, Vladimir Dugin d’E3 Capital et Fatoumata Bâ de Janngo Capital rejoignent le conseil d’administration de GoCab, signe que ces deux fonds comptent peser sur la trajectoire de l’entreprise, pas seulement financer un tour de table.

E3 Capital, le pari climat qui a trouvé la mobilité

Fondé en 2015 sous le nom d’Energy Access Ventures, E3 Capital s’est d’abord fait connaître en finançant l’accès à l’électricité hors réseau en Afrique subsaharienne. Le fonds, basé à Nairobi, se présente aujourd’hui comme un investisseur de start-up développant des modèles numérisés, décentralisés et décarbonés. Sa thèse a naturellement glissé vers la mobilité électrique, au point que le fonds évoque explicitement, à propos de son partenariat avec Untapped, la volonté d’accélérer l’adoption de solutions climato-intelligentes comme la mobilité électrique à travers le continent. GoCab n’est donc pas un pari isolé mais le prolongement logique d’une stratégie déjà à l’œuvre.

Janngo Capital, le champion francophone qui construit sa propre flotte

Lancé en 2020 par Fatoumata Bâ, Janngo Capital opère depuis Abidjan et Paris et s’est imposé comme l’un des rares fonds de capital-risque africains fondés et dirigés par une femme. Son second véhicule d’investissement a atteint un closing final de 78 millions de dollars, avec un portefeuille dont 56 % des sociétés sont dirigées par des femmes et 67 % nées en Afrique francophone. Contrairement à E3 Capital, Janngo ne se limite pas au climat, son portefeuille couvre la santé, la logistique, les services financiers et désormais la mobilité, avec des paris déjà posés sur la fintech ivoirienne Djamo avant celui sur GoCab.

Un repère plus utile qu’une simple annonce de levée

Deux fonds, deux thèses différentes, un même tour de table. E3 Capital y voit le prolongement de son virage climat vers l’électrique, Janngo Capital y voit un nouveau champion francophone de la mobilité à ajouter à sa collection. Pour qui suit de près le secteur, l’information la plus utile n’est pas le montant de 45 millions de dollars, elle est dans la récurrence de ces deux noms, un indice plus fiable de la direction que prend le capital-risque mobilité en Afrique que n’importe quelle annonce isolée.

Laisser un commentaire

Retour en haut

En savoir plus sur Numeralz

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

En savoir plus sur Numeralz

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture