
Déployé depuis fin 2023 dans l’application Djamo, « Djamo Invest » ouvre les fonds de la Bourse régionale à partir de 1 000 FCFA. En octobre 2026, les rendements affichés sur douze mois vont de 6,41 % à 54,12 % selon le fonds choisi. Entre frais d’entrée, marché boursier en pleine ascension et durée de placement, l’écart se comprend mieux en regardant de près ce que contient chaque fonds.
Un intermédiaire agréé, un gestionnaire spécialisé
Djamo, la fintech ivoirienne fondée par Régis Bamba et Hassan Bourgi, propose « Djamo Invest » depuis fin 2023. Le service ne garde pas l’argent des clients. Djamo y agit comme apporteur d’affaires agréé par l’Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire ouest-africaine (AMF-UMOA), c’est-à-dire qu’elle transmet les ordres d’achat et de vente à une société de gestion. Ici, c’est NSIA Asset Management, filiale du groupe NSIA, qui gère les fonds et revendique plus de 230 milliards de FCFA d’actifs sous gestion début 2026.
Chaque produit est un FCP, un fonds commun de placement. L’image la plus simple est celle d’un panier de titres détenu en commun par des milliers d’épargnants et piloté par des professionnels. L’épargnant n’achète pas des actions une à une, mais des parts du panier, dont la valeur est communiquée chaque jour dans l’application. Pour y accéder, il faut détenir une carte Djamo physique, puis déposer dès 1 000 FCFA, sans plafond ni versement mensuel obligatoire.
Quatre fonds, quatre tempéraments
« Aurore Sécurité » est le fonds obligataire, celui qui prête de l’argent à des États et à des entreprises en échange d’intérêts. Son objectif annuel est de 6,25 %. Dans l’application, il affiche 8,07 % sur les douze derniers mois, mais seulement 0,68 % sur les trois derniers. Le dépôt coûte 1 %, le retrait est gratuit.
« Aurore Monétaris » est le fonds monétaire, investi dans des placements à très court terme. Son objectif est de 4,5 % par an, et il affiche 6,41 % sur douze mois contre 0,93 % sur trois. Aucun frais n’est prélevé, ni à l’entrée ni à la sortie. Djamo le classe parmi les placements à risque très faible, avec un horizon conseillé de six mois et plus.
« Aurore Opportunités » est le fonds actions. Son objectif de 10 % par an paraît modeste face aux 54,12 % affichés sur douze mois, soit 100 000 FCFA devenus environ 154 000 FCFA avant frais, et aux 7,32 % des trois derniers mois. Les frais sont de 1 % à l’entrée et de 1 % à la sortie, pour un horizon conseillé de cinq ans et plus et un risque jugé moyen.
« Tawfir Halal » est un fonds actions conforme à la finance islamique, concentré sur un nombre restreint de valeurs. Il s’interdit la défense et l’armement, l’alcool, le tabac, les jeux de hasard et la viande non halal, ainsi que les banques et assurances classiques, à l’exception des institutions financières islamiques et des compagnies takaful, des assurances conformes aux principes de l’islam. Son objectif est de 9 % par an, avec 21,29 % sur douze mois et 2,23 % sur trois. Les frais atteignent 1,5 % à l’entrée et 1 % à la sortie, pour un horizon recommandé de cinq ans.
Ce que le chiffre de 54 % doit à la Bourse
Le fonds actions profite d’un marché hors norme. L’indice BRVM Composite, qui mesure l’ensemble des actions cotées à la Bourse régionale, avait clôturé 2025 à 345,75 points. Il atteignait 548,60 points le 4 septembre 2026, soit environ 58,7 % de hausse depuis janvier, après avoir franchi pour la première fois la barre des 500 points la semaine du 17 au 23 août. Au 2 octobre 2026, il s’établissait à 546,78 points.
Cette envolée repose sur un nombre limité de titres. Dès début mai, une grande partie du rendement venait déjà d’un petit nombre de sociétés, et CIE Côte d’Ivoire affichait plus de 192 % de hausse depuis janvier à la fin de la semaine du 23 août. Le parcours du fonds montre à quel point l’exercice varie. « Aurore Opportunités » avait gagné 23,94 % en 2025 et 24,03 % en 2024, mais seulement 0,93 % en 2023. L’objectif de 10 % est donc une moyenne visée, pas une promesse, et le chiffre de 54 % reflète une année de marché exceptionnelle.
« Tawfir Halal », dont la référence de comparaison est justement le BRVM Composite, reste très en retrait de l’indice avec ses 21,29 %, même si les périodes ne se recouvrent pas exactement. Deux fonds actions ne suivent pas forcément la même trajectoire, tout dépend des titres qu’ils détiennent.
Les frais, premier test de patience
Sur l’aller-retour complet, « Aurore Monétaris » ne coûte rien, « Aurore Sécurité » coûte 1 %, « Aurore Opportunités » 2 % et « Tawfir Halal » 2,5 %. Ces pourcentages pèsent surtout sur les placements courts. Au rythme annuel de 8,07 % affiché par « Aurore Sécurité », le 1 % d’entrée est rattrapé en un mois et demi environ. Au rythme des trois derniers mois, 0,68 %, il faut plus de quatre mois. Cela explique pourquoi Djamo recommande d’investir au moins six mois avant de retirer, et pourquoi ses conditions d’utilisation évoquent un horizon de trois ans minimum.
Côté pratique, les dépôts et retraits sont traités sous un jour ouvré, et une opération passée après 16 h est prise en compte le lendemain. En période de forte activité, un retrait peut prendre quelques jours de plus.
L’exemple du million, à lire de près
Djamo illustre le potentiel du service avec une simulation, 100 000 FCFA au départ et 40 000 FCFA ajoutés chaque mois pendant deux ans, placés dans « Aurore Sécurité » à environ 6 % par an, pour atteindre 1 135 081 FCFA. Sur ce total, 1 060 000 FCFA viennent des versements de l’épargnant. Le rendement apporte donc 75 081 FCFA, soit environ 3 100 FCFA par mois en moyenne et un peu plus de 7 % du capital versé. Si les frais d’entrée de 1 % s’y ajoutent, ils représentent 10 600 FCFA sur ces dépôts, soit environ 14 % du gain projeté.
Le million est donc d’abord le fruit de la régularité de l’épargne, le fonds n’en fournissant qu’une petite partie. Ce n’est pas un défaut, c’est une réalité du placement sur deux ans.
Un placement qui récompense la patience
« Djamo Invest » a abaissé le ticket d’entrée à 1 000 FCFA, mais pas le temps nécessaire pour que l’argent travaille. Aucun rendement n’est garanti, et pour un fonds purement actions le capital peut diminuer. Les performances passées, aussi spectaculaires soient-elles dans un marché en hausse, ne préjugent pas des performances futures.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les simulations sont données à titre illustratif.
