
Le 18 août 2026, l’État ivoirien a retenu 66 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), alors que les investisseurs lui en proposaient plus de 130 milliards. Ce marché est ouvert à toute personne physique, à condition de passer par une banque ou une société de gestion et d’intermédiation (SGI), et certains titres y démarrent à 10 000 FCFA de valeur nominale. Voici comment cela fonctionne, chiffres à l’appui et sans conseil d’investissement.
Le Trésor emprunte aux enchères
Quand l’État ivoirien a besoin d’argent, il n’ouvre pas un guichet au public. Il organise une adjudication, c’est-à-dire des enchères où chaque investisseur indique le montant qu’il prête et le taux qu’il demande. Le 18 août 2026, le Trésor mettait 60 milliards de FCFA sur la table, répartis entre un bon à 364 jours et deux obligations, à trois ans et à cinq ans. Les offres ont dépassé 130 milliards, et l’État en a retenu 66 milliards en écartant 64 milliards d’offres, toutes sur les obligations. Le règlement a eu lieu le 19 août 2026.
Par la porte d’une banque ou d’une SGI
Le marché des titres publics est accessible à toute personne physique ou morale, quel que soit son profil, et le grand public figure en toutes lettres parmi les investisseurs. Un particulier ne dépose pourtant pas lui-même son offre, puisque toute soumission passe obligatoirement par une banque ou une SGI installée dans l’UMOA, choisie librement par l’investisseur, qui transmet l’ordre à l’adjudication. Les participants directs restent d’ailleurs peu nombreux, deux pour le bon à 364 jours, dix pour l’obligation à trois ans et quinze pour celle à cinq ans.
Un ticket d’entrée de 10 000 FCFA à un million
Les deux obligations émises le 18 août ont une valeur nominale de 10 000 FCFA, alors que le bon à 364 jours se vend par multiples de 1 000 000 FCFA. Pour un particulier, l’obligation est donc la porte d’entrée la plus accessible. Le minimum réellement exigé et les frais dépendent toutefois de l’intermédiaire choisi, deux points à lui faire préciser avant de passer un ordre.
Coupon et prix, deux sources de gain
L’obligation à trois ans porte un coupon de 5,20 % et celle à cinq ans de 5,45 %, versés chaque année à partir de la fin de la première année. Les titres ne se vendent pas pour autant à leur valeur nominale. Au prix moyen pondéré de l’adjudication, une obligation à trois ans de 10 000 FCFA s’achetait environ 9 661 FCFA, et celle à cinq ans environ 9 323 FCFA. Le rendement moyen pondéré ressortait ainsi à 6,48 % pour trois ans et à 7,11 % pour cinq ans, contre 4,06 % pour le bon à 364 jours, dont l’intérêt est prélevé d’avance sur la valeur nominale.
À titre d’illustration, 100 obligations à trois ans coûtent environ 966 100 FCFA à ce prix moyen, rapportent 52 000 FCFA de coupon par an, puis 1 000 000 FCFA à l’échéance du 19 août 2029, soit un gain brut d’environ 190 000 FCFA sur trois ans, avant les frais éventuels de l’intermédiaire. Le prix payé par un particulier peut différer de la moyenne de l’adjudication selon l’intermédiaire. Cette simulation est purement indicative et ne constitue pas un conseil d’investissement.
Un revenu exonéré pour les résidents
Les revenus de ces titres sont exonérés d’impôt pour les résidents de Côte d’Ivoire, tandis que les non-résidents relèvent des règles fiscales de leur pays de résidence.
Revendre avant l’échéance
Un titre peut se revendre avant son terme sur le marché secondaire, notamment de gré à gré, y compris auprès des spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), des banques ou des SGI agréées comme partenaires privilégiés des Trésors de l’Union. Le prix obtenu dépend alors du niveau des taux à la date de la vente, et il peut être inférieur au prix d’achat si les taux ont monté entre-temps.
Trois points à faire préciser avant de signer
Avant de passer un ordre, il reste à demander à l’intermédiaire le minimum de souscription, les frais éventuels d’ouverture de compte-titres et de transaction, ainsi que les conditions de rachat en cas de revente. L’État est revenu sur le marché le 29 septembre 2026 pour lever environ 110 milliards de FCFA avec des bons et des obligations de trois, cinq et sept ans, preuve que les adjudications se succèdent et que l’occasion de s’y préparer ne manque pas.
