Côte d’Ivoire : dix centres de drones médicaux, qui paie quoi ?

Drone de livraison médicale en vol au-dessus d'une zone rurale ivoirienne

Le Conseil des ministres du 9 septembre 2026 a pris acte du contrat de partenariat public-privé conclu avec l’entreprise américaine Zipline, spécialiste des drones médicaux, pour acheminer des produits de santé depuis dix centres répartis dans le pays. Derrière la carte de couverture, c’est le montage financier qui retient l’attention, avec un don américain pour construire et un État ivoirien qui paie les vols. Les éléments publiés par le gouvernement et par l’entreprise permettent de voir qui finance quoi.

Dix centres, deux phases

Signé en décembre 2025, le contrat prévoit la construction et l’exploitation de dix centres de stockage et de distribution de produits médicaux, d’intrants stratégiques et de produits sanguins. La première phase, d’une durée de 27 mois, couvre le centre pilote de Daloa ainsi que Biankouma, San Pedro et Kouto. Six autres centres suivront à Abidjan et dans les régions de l’Indénié-Djuablin, du Gbêkê, du Kabadougou, du Bélier et du Gontougo, sans calendrier précisé à ce stade.

Le partenariat court sur huit ans. Une fois le réseau achevé, il doit desservir plus de 2 200 établissements de santé et environ 12 millions de personnes, soit près d’un tiers de la population.

Washington construit, Abidjan finance les vols

Le partage des rôles est net. Un don du gouvernement américain finance les infrastructures, tandis que l’État ivoirien prend en charge les prestations, c’est-à-dire l’entreposage aux normes pharmaceutiques, la chaîne du froid, le suivi numérique et la livraison. Chaque centre combine stockage au froid, gestion des stocks et drones autonomes. Les structures de santé commandent selon leurs besoins, et le ministère de la Santé suit en temps réel commandes, stocks et livraisons.

Zipline et des responsables ivoiriens évoquent un retour d’environ 300 % pour l’État, sans que le montant de l’investissement public soit détaillé.

Une enveloppe américaine partagée entre cinq pays

Le don s’inscrit dans une enveloppe pouvant atteindre 150 millions de dollars, annoncée le 25 novembre 2025 par le Département d’État américain, et non dans une ligne réservée à la Côte d’Ivoire. Elle vise jusqu’à 15 000 établissements de santé dans cinq pays, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya, le Nigeria et le Rwanda, sur trois ans.

Les fonds sont versés par jalons, à mesure que les résultats sont atteints, et à condition que les gouvernements signent des contrats et s’engagent à payer les services. L’ensemble des pays africains concernés doit apporter environ 400 millions de dollars de cofinancement, sous forme de frais d’utilisation. L’engagement de l’État ivoirien sur les coûts d’exploitation est donc la condition même du financement américain.

Ce que Daloa a déjà livré

Depuis 2023, le centre de Daloa a livré plus de 3,55 millions de produits médicaux à plus de 220 établissements répartis dans cinq régions, dont environ 2 millions de doses de vaccins et 20 500 unités de produits sanguins, selon Zipline. L’autorité de l’aviation civile avait délivré le certificat d’exploitation des aéronefs automatisés dès le 6 janvier 2023.

Le site couvre un rayon d’environ 100 kilomètres, avec des livraisons annoncées en moins d’une heure, y compris en saison des pluies.

Quatre centres à livrer en 27 mois

La première phase donnera la cadence du déploiement, puisque Biankouma, San Pedro et Kouto doivent rejoindre Daloa dans ce délai. Pour un dispensaire éloigné de la route, l’enjeu se résume à une commande passée sur place et à un vaccin ou une poche de sang reçus en moins d’une heure, une promesse que les prochains mois permettront de mesurer sur de nouveaux territoires.

Laisser un commentaire

Retour en haut

En savoir plus sur Numeralz

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

En savoir plus sur Numeralz

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture