Côte d’Ivoire : Bientôt un téléphérique pour Abidjan ?

Cabines de téléphérique au-dessus d’une grande ville ouest-africaine et de sa lagune au coucher du soleil

Le 20 octobre 2026, à l’ouverture de la conférence internationale sur la mobilité durable et le climat, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a évoqué un projet de téléphérique à Abidjan, notamment sur le corridor Adjamé-Yopougon. L’étude existe depuis plus de cinq ans et aucune date de réalisation n’a été donnée. Pour les usagers, le message porte donc moins sur un calendrier que sur la manière de financer les transports collectifs.

Une étude toujours dans les tiroirs

La deuxième édition de la conférence, organisée par l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan, Codatu et Climate Chance, s’est ouverte au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire devant plus d’un millier de participants venus d’une quarantaine de pays. Le Premier ministre y a cité le métro, le BRT, le transport lagunaire et les téléphériques parmi les modes de transport collectif à développer.

Sur le téléphérique, il a précisé que l’étude date de plus de cinq ans, en déclarant «Nous l’avons dans les tiroirs. Le moment venu, nous allons la sortir». Ni tracé détaillé, ni coût, ni capacité n’ont été communiqués. L’idée n’est pourtant pas récente, puisque les téléphériques sont évoqués à Abidjan comme piste pour réduire les embouteillages depuis au moins janvier 2020.

Le financement avant le calendrier

Le Premier ministre a d’abord parlé du modèle économique du service. Selon lui, «le transport collectif ne peut pas être un transport qui rapporte beaucoup d’argent», et il a plaidé pour des financements concessionnels, dont les financements climatiques, avec des taux avantageux et des remboursements étalés sur de longues durées. Il a aussi invité les opérateurs privés à proposer des solutions innovantes aux pouvoirs publics, dans le cadre de partenariats public-privé.

Cet appel s’inscrit dans le Plan national de développement 2026-2030, dont les besoins d’investissement sont estimés à 114 800 milliards de FCFA, avec une contribution attendue du secteur privé.

Ce qui avance déjà sur les routes et sur l’eau

Pendant que le téléphérique attend, d’autres projets sont plus avancés. Le ministre des Transports, Amadou Koné, avait indiqué en décembre 2025 que l’infrastructure de la ligne 1 du métro serait livrée fin 2028. Le BRT doit, lui, relier Yopougon à Bingerville sur l’axe est-ouest, tandis que des systèmes de billetterie et de gestion des véhicules sont en préparation à la SOTRA.

Sur la lagune, l’Union européenne a annoncé le 20 octobre un don de 3 millions d’euros destiné à relancer le transport lagunaire, avec 13 gares et 25 bateaux-bus. Le ministre Amadou Koné défend pour l’ensemble un système multimodal, intégré et interconnecté.

Ce que cela change pour les usagers

Pour l’instant, rien de concret. Sans tarif, sans tracé arrêté et sans date, il est impossible d’estimer le gain de temps qu’un téléphérique apporterait entre Adjamé et Yopougon. Lors de la conférence, aucun calendrier de mise en service n’a par ailleurs été donné pour le métro, le BRT ou le téléphérique, seul le métro disposant d’une échéance de livraison de l’infrastructure annoncée en décembre 2025.

Deux signaux à surveiller

La Déclaration d’Abidjan sur la mobilité et le climat a été adoptée le 21 octobre, la veille de la clôture de la conférence. Les deux éléments à suivre sont désormais la publication de l’étude du téléphérique, qui permettrait de connaître le tracé, le coût et la capacité, et l’identification de bailleurs prêts à financer le projet à des conditions de faveur.

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