Côte d’Ivoire : El Niño menace la petite saison des pluies

Cacao

Le 20 octobre 2026, la Sodexam, société d’État chargée de la météorologie, a averti que la petite saison des pluies pourrait être déficitaire dans le sud de la Côte d’Ivoire entre octobre et décembre. En cause, un épisode El Niño observé depuis juillet, qui devrait se renforcer d’ici la fin de l’année puis durer jusqu’au début de 2027. Cacao, eau potable, électricité et santé figurent parmi les secteurs à surveiller.

Un épisode qui s’installe

El Niño désigne un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial, qui dérègle la répartition des pluies et des températures à travers le monde. Les services américains de prévision climatique ont relevé le 8 octobre 2026 un écart de +2,1 °C dans la zone de référence du Pacifique, et jugent un épisode fort à très fort probable jusqu’à la période janvier-mars 2027.

Pour la Côte d’Ivoire, la Sodexam anticipe un risque de déficit pluviométrique associé à des températures élevées, sans en préciser l’ampleur. Des pluies fortes et localisées restent possibles, et des averses courtes mais violentes peuvent provoquer des inondations, surtout en ville.

Le cacao, avec un prix déjà fixé

Le stress hydrique et thermique pourrait faire baisser les rendements du cacao, du café, de l’hévéa et du palmier à huile dans les zones les plus exposées. Pour le cacao, la campagne principale a débuté en septembre et court jusqu’à février, avec un prix bord champ de 1 200 FCFA le kilogramme annoncé le 1er septembre 2026 pour la campagne 2026-2027. Ce tarif étant arrêté d’avance, le revenu d’un planteur dépend d’abord du volume récolté.

Les estimations disponibles étaient déjà prudentes. Elles situent la production ivoirienne 2026-2027 entre 1,7 et 1,8 million de tonnes, contre près de 2,2 millions de tonnes attendues pour la campagne précédente, après de fortes pluies en juin.

Eau et électricité sous surveillance

La Sodexam cite une baisse possible des apports d’eau dans les bassins du Bandama, du Sassandra, de la Comoé et du Cavally, qui alimentent les barrages. La production hydroélectrique pourrait subir une pression supplémentaire, alors que la chaleur fait grimper la demande en électricité et en eau potable.

Le risque reste borné par le mix énergétique. En 2024, l’hydraulique ne représentait que 24,5 % de l’électricité produite, contre environ 75 % pour le thermique. Le précédent de 2021 rappelle toutefois qu’un barrage d’Ayamé presque à sec, cumulé à la panne d’une centrale thermique, avait suffi à imposer des rationnements de courant.

Chaleur, poussière et méningite

La combinaison de chaleur, de sécheresse et de poussière peut favoriser certaines maladies sensibles au climat. La Sodexam recommande une vigilance particulière face à la méningite dans les régions habituellement exposées, ainsi qu’aux risques liés à la chaleur.

Les repères à suivre jusqu’au début de 2027

La Sodexam invite à consulter régulièrement les prévisions et les bulletins de vigilance, et son suivi se poursuit tout au long de l’épisode. Pour les ménages, un abonné dont un appareil grille après une coupure peut demander réparation à la CIE, à condition d’établir le lien avec le réseau.

Deux indicateurs diront vite si le scénario se confirme, le niveau des retenues des barrages et le rythme des arrivées de cacao aux ports.

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