
Chauffeurs et coursiers partenaires de Yango sont souvent perçus, dans l’opinion publique, comme des employés de la plateforme. La réalité contractuelle et économique est différente, ce sont des partenaires indépendants, un statut qui structure l’ensemble du modèle de l’entreprise, en Côte d’Ivoire comme dans les 30 autres pays où elle opère.
Une entreprise technologique mondiale, ancrée localement
Yango est une entreprise technologique internationale basée à Dubaï qui transforme les technologies mondiales en services quotidiens adaptés aux communautés locales. L’entreprise propose sa Super App via laquelle des services de mobilité numérique et autres sont fournis par des tiers indépendants dans plus de 30 pays en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine.
Lancée comme service de VTC en 2018, Yango s’est installée la même année en Côte d’Ivoire. Depuis lors, l’entreprise a fait d’Abidjan le siège de ses opérations pour l’Afrique, inauguré le 24 juillet 2025 à Cocody, en présence du ministre de l’Emploi et de la Protection sociale.
Une Super App aux usages multiples
En Côte d’Ivoire, Yango ne se limite plus au transport de personnes. Sa Super App regroupe aujourd’hui Yango Ride pour la mobilité urbaine, Yango Delivery et Yango Cargo pour la livraison et la logistique, Yango Food pour la commande de repas, Yango Pay pour les paiements, un service de navigation, ainsi que Yango Achat & Vente, une place de marché numérique pour particuliers et petits commerçants. L’entreprise a également lancé « Goya », une offre de course premium à Abidjan, et ouvre officiellement bientôt un show-room Yango Motors. Le service, disponible au-delà de la capitale économique à Korhogo, Yamoussoukro, San Pedro et Bouaké, est gratuit à télécharger sur Android et iOS.
Partenaires, pas salariés, ce que dit le modèle économique
C’est ici que se joue le malentendu le plus répandu. Un chauffeur ou un coursier Yango n’a pas de contrat de travail avec l’entreprise, ne perçoit pas de salaire fixe, choisit librement ses horaires de connexion à l’application et n’est soumis à aucune exclusivité, rien n’empêche un partenaire de travailler aussi pour une autre plateforme. Il utilise son propre véhicule ou deux-roues, ou celui de la structure dont il relève, et génère ses revenus à la course ou à la livraison, via un système de commission plutôt qu’un salaire.
Ce modèle n’est pas propre à Yango, il est la norme dans l’ensemble de l’industrie mondiale des plateformes numériques de mobilité et de livraison. Mais il pose une vraie question, largement débattue à l’échelle internationale, celle de garantir une protection sociale à des travailleurs qui ne sont, par définition, ni salariés ni employeurs. En Côte d’Ivoire, c’est précisément la réponse qu’a apportée le protocole d’accord signé le 11 mars 2024 entre Yango et le ministère de l’Emploi et de la Protection sociale, pour enrôler les chauffeurs de la plateforme dans le régime social des travailleurs indépendants (RSTI) et la Couverture maladie universelle (CMU), deux dispositifs pensés spécifiquement pour les actifs qui ne relèvent pas du salariat classique. À l’inauguration du siège Afrique en juillet 2025, le ministre Adama Kamara annonçait que plus de 40 000 chauffeurs avaient déjà rejoint ce dispositif, avec un appel du gouvernement aux autres plateformes de VTC à suivre le même chemin.
Des innovations pilotées depuis Abidjan
Le 4 juin 2026, Yango Group a organisé à Abidjan son Innovation Day, réunissant plus de 200 représentants du secteur privé, des institutions publiques et de l’écosystème technologique local. L’événement a permis de présenter des technologies développées à l’échelle du groupe et adaptées au contexte ivoirien, notamment l’optimisation d’itinéraires, la prévision du trafic par intelligence artificielle, des outils de cartographie, des robots de livraison autonomes, ainsi que Yasmina, l’assistante IA du groupe.
C’est également à cette occasion qu’a été signé un protocole d’accord avec le GUDE-PME, l’agence publique ivoirienne dédiée au développement des petites et moyennes entreprises. Ce partenariat vise à accompagner la formalisation et la professionnalisation des PME actives dans la mobilité et la logistique, à faciliter leur accès au financement, à renforcer les capacités des gestionnaires de flottes partenaires, et à accélérer la transition vers la mobilité verte, notamment via l’adoption progressive de véhicules électriques. Le même jour, la première cohorte du programme Yango Fellowship en Côte d’Ivoire recevait ses diplômes.
Un impact socio-économique désormais mesuré
En décembre 2025, Yango Group a publié son premier rapport d’impact, une analyse de ses contributions sociales, économiques et environnementales dans plus de 30 pays. Le document chiffre à 4 milliards de dollars les revenus générés pour l’ensemble de ses partenaires à travers le monde, pour un réseau de 6 000 entreprises partenaires, 2,1 millions de chauffeurs partenaires enregistrés et 600 000 coursiers partenaires. Sur le seul segment de la livraison, 40 % des utilisateurs sont des petites et moyennes entreprises qui s’appuient sur l’infrastructure de Yango pour toucher de nouveaux clients.
Le rapport souligne aussi le rôle de la Côte d’Ivoire comme terrain pilote pour la mobilité électrique du groupe, dans une logique de réduction des émissions et de modernisation du parc automobile urbain.
Des actions concrètes auprès des partenaires
Au-delà des chiffres, Yango Côte d’Ivoire mène plusieurs initiatives de terrain destinées à ses chauffeurs et coursiers partenaires, notamment la distribution de casques, d’imperméables et de sacs de livraison, la facilitation de partenariats financiers pour les gestionnaires de flotte, la sensibilisation à la sécurité routière avec l’OSER, des formations aux premiers secours avec la Croix-Rouge, et des contrôles de santé gratuits. En décembre 2024, l’entreprise s’est aussi associée à Yabx et à COFINA pour proposer à ses chauffeurs partenaires un service de prêt numérique intégré, facilitant l’accès au crédit pour développer leur activité.
L’entreprise étend également son action au-delà du seul cercle des chauffeurs et coursiers. Le 7 juillet 2026, Yango Côte d’Ivoire et DigiFemmes ont lancé « Elles passent au digital », un programme gratuit d’accélération e-commerce de six semaines destiné à 100 femmes entrepreneures d’Abidjan, combinant l’expertise technologique du groupe et l’expérience de DigiFemmes en formation numérique inclusive.
Ce que ce statut change concrètement
Le statut de partenaire n’est pas une nuance sémantique, il détermine la flexibilité des horaires, la possibilité de travailler pour plusieurs plateformes, la propriété de l’outil de travail, et la nature même de la rémunération. C’est aussi ce statut qui a conduit l’État ivoirien et Yango à construire, ensemble, des dispositifs de protection sociale sur mesure plutôt que d’appliquer un cadre salarial classique, mal adapté à la réalité de ces milliers d’indépendants qui font vivre, chaque jour, la Super App.
