DigiFemmes, partenaire de choix des géants tech pour l’inclusion numérique en Côte d’Ivoire

img 20260719 2358481657842552518809299

En quelques mois, DigiFemmes Côte d’Ivoire est passée d’association spécialisée dans la formation numérique des femmes à partenaire de référence pour trois acteurs technologiques très différents, Wave, Yango et désormais SAP. Chacun y apporte quelque chose de distinct, ce qui en dit long sur la manière dont les grands groupes pensent aujourd’hui l’inclusion numérique en Afrique de l’Ouest.

SAP, le transfert de compétences plutôt que le chèque

Le 28 avril 2026, dans les locaux de DigiFemmes à Cocody, une équipe de SAP a achevé une immersion de quatre semaines auprès de l’organisation. L’objectif n’était pas de financer un programme de formation supplémentaire, mais de transférer des compétences internes pour aider DigiFemmes à structurer durablement son organisation. Forte aujourd’hui de 28 000 bénéficiaires, l’association vise le cap des 100 000 femmes et jeunes formés d’ici 2030. Côté SAP, l’équipe réunissait Elodie Franco-Ritz, Tino Eschenbach et Alejandro García, accompagnés de la consultante Olivia Gnoukoury, face à Nadine Zoro, présidente de DigiFemmes Côte d’Ivoire, et Kate Assi-Okoue, responsable marketing et communication de l’organisation.

L’accompagnement s’est voulu pragmatique plutôt que coûteux. Alejandro García a par exemple optimisé les outils déjà utilisés par l’équipe sur la suite Google plutôt que de recommander des solutions payantes supplémentaires. Nadine Zoro décrit une démarche volontairement descendante, l’idée étant de renforcer d’abord l’organisation elle-même pour ensuite démultiplier son impact sur le terrain.

C’est un choix de partenariat révélateur, un leader mondial du logiciel de gestion d’entreprise investit du temps d’ingénierie organisationnelle plutôt que du financement direct, un signe que la contrainte de DigiFemmes n’est plus seulement l’argent, mais sa capacité à absorber une croissance rapide de ses effectifs bénéficiaires.

Un écosystème de partenariats aux logiques différentes

Ce partenariat SAP s’ajoute à deux collaborations déjà en place, avec des logiques bien différentes. Avec Wave Côte d’Ivoire, DigiFemmes a lancé fin 2025 le programme « WaveUP », qui vise à accompagner 500 femmes, et dont les participantes ont vu leur chiffre d’affaires progresser de 20 % en moyenne à l’issue des sessions, avec à la clé des prix en numéraire pour les meilleures participantes.

Avec Yango Côte d’Ivoire, le programme « Elles passent au digital », lancé le 7 juillet 2026, cible spécifiquement l’accélération e-commerce. Le programme est gratuit, dure six semaines et cible 100 femmes entrepreneures d’Abidjan, réparties en deux cohortes de 50 participantes, la première débutant en août 2026 et la seconde en septembre. Pour candidater, il faut résider à Abidjan, disposer d’une activité en ligne existante ou d’un projet d’entreprise numérique, posséder un smartphone et pouvoir se rendre disponible quatre à cinq heures par semaine en présentiel pendant six semaines. Les candidatures, ouvertes sur la plateforme epad.digifemmes.org, se clôturent le 26 juillet 2026, les chauffeurs partenaires de Yango et les membres de leur famille étant explicitement invités à postuler s’ils remplissent les critères.

Trois entreprises, trois approches, une plateforme d’inclusion numérique portée par la même association, capacité organisationnelle avec SAP, formation avec récompense financière avec Wave, accélération e-commerce ciblée avec Yango.

Une structure déjà installée dans l’écosystème local

DigiFemmes n’est pas une initiative isolée. Le programme s’inscrit dans le consortium SAFEEM, aux côtés de Seedstars Côte d’Ivoire, Empow’Her Côte d’Ivoire, Dalberg et Edu01, avec un financement porté par la Millennium Challenge Corporation et l’USAID, en partenariat avec Microsoft. L’organisation a aussi tenu, fin mars 2026, la troisième édition de son forum « Fémininement Digital », qui a réuni plus de 300 participants à Abidjan-Cocody autour de l’inclusion financière et de l’autonomisation économique des femmes par le numérique.

Ce que cette multiplication de partenariats annonce

Pour les grands acteurs technologiques présents en Côte d’Ivoire, s’associer à une structure déjà implantée et déjà financée par des bailleurs internationaux revient à gagner du temps et de la crédibilité locale, plutôt que de construire un programme d’inclusion numérique depuis zéro. Pour DigiFemmes, chaque nouveau partenariat rapproche l’organisation de son objectif de 100 000 bénéficiaires d’ici 2030, à condition que la structure interne, désormais épaulée par l’expertise organisationnelle de SAP, parvienne à suivre le rythme.

Laisser un commentaire

Retour en haut

En savoir plus sur Numeralz

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

En savoir plus sur Numeralz

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture