Ghana : la dette publique chute de 61,8 % à 45,3 % du PIB en un an

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En l’espace d’une seule année civile, la dette publique du Ghana est passée de 61,8% à 45,3% du produit intérieur brut, repassant sous le seuil de soutenabilité de 55% fixé par les institutions financières internationales. Le Country Focus Report 2026 de la Banque africaine de développement, publié le 30 juillet, détaille les ressorts de cette baisse rapide, tout en pointant une fragilité qui persiste sous la surface des chiffres.

Une baisse confirmée fin décembre 2024, fin décembre 2025

Le point de départ et le point d’arrivée de cette chute sont bien calés sur une année pleine. La dette publique s’établissait à 61,8% du PIB à fin décembre 2024, avant de retomber à 45,3% à fin décembre 2025, selon les chiffres du budget 2026 présenté par le ministère des Finances ghanéen. En valeur absolue, le stock de dette a reculé de 82,1 milliards de cedis sur la période, passant de 726,7 milliards à 641 milliards de cedis.

Une chute qui doit beaucoup à la restructuration

Cette amélioration résulte d’une combinaison de facteurs, une meilleure discipline budgétaire, la stabilité du taux de change, une inflation en recul et une croissance du PIB qui se maintient. Mais le principal moteur reste la restructuration de la dette engagée ces dernières années. Le «Domestic Debt Exchange Programme» (DDEP) de 2022 a généré à lui seul 5,2 milliards de dollars d’économies fiscales, auxquels s’ajoutent 9,3 milliards de dollars issus de la restructuration de la dette externe et un allègement bilatéral attendu de 2,8 milliards de dollars.

Le cedi, acteur discret mais décisif de la baisse

Un facteur souvent sous-estimé mérite d’être isolé, l’appréciation du cedi. Une hausse de 1% de la monnaie ghanéenne réduit la valeur en monnaie locale de la dette externe d’environ 4 milliards de cedis. Par des effets de valorisation et d’ajustements de flux et de stocks, cette appréciation a contribué à elle seule à une réduction de 9 à 11 points de pourcentage du ratio dette/PIB rien qu’en 2025, selon les calculs de la BAD.

Les taux d’intérêt ont aussi allégé la facture

Les paiements d’intérêts sont tombés à 2,2% du PIB en 2025, contre une moyenne de 5,5% sur la période 2021-2024. Les taux des bons du Trésor ont suivi la même trajectoire, chutant à 11% contre 22,7% en 2024. Résultat, les ratios de service de la dette externe rapportés aux recettes et aux exportations sont désormais bien en dessous des seuils critiques de 18% et 16%, ce qui explique pourquoi le risque de surendettement du Ghana devrait passer de «élevé» à «modéré» d’ici fin 2026.

Le bémol que les chiffres bruts ne montrent pas

C’est ici que le rapport de la BAD introduit une nuance rarement mise en avant. La durée moyenne de remboursement de la dette totale du Ghana a en réalité reculé, passant de 8,4 ans en 2022 à 6,2 ans en 2025. La restructuration de la dette externe a bien réduit les obligations de service, mais elle n’a pas allongé le profil de maturité par rapport à la période antérieure à la restructuration, la durée moyenne de la dette externe étant même passée de 10,5 à 7,6 ans. Autrement dit, le Ghana doit désormais refinancer une part de sa dette plus vite qu’avant, même si le fardeau immédiat s’est allégé.

Une consolidation qui repose encore sur la compression des dépenses

Le rapport rappelle également que l’assainissement budgétaire de 2025 s’est appuyé surtout sur une restriction des dépenses plutôt que sur une hausse des recettes, avec une chute des dépenses d’investissement qui pourrait peser sur la croissance future si elle se prolonge. À l’échelle du continent, la BAD évalue à 41 cents par dollar la part perdue en moyenne dans les projets d’investissement public africains à cause d’inefficacités, un gisement d’économies que le Ghana pourrait mobiliser sans sacrifier les dépenses de développement.

Ce que la BAD juge nécessaire pour ne pas retomber

Pour consolider ces gains, la Banque recommande une discipline budgétaire prolongée, une stratégie de consolidation plus équilibrée qui renforce la mobilisation des recettes en parallèle de la rationalisation des dépenses, ainsi que la protection des investissements publics productifs pour soutenir la croissance à moyen terme. Un chantier qui déterminera si la baisse spectaculaire de 2025 marque un vrai tournant structurel ou seulement un répit conjoncturel.

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