IDE : le Ghana toujours en tête en Afrique de l’Ouest, mais pour combien de temps encore ?

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Entre 2014 et 2024, le Ghana a capté environ 24% de tous les investissements directs étrangers entrant en Afrique de l’Ouest, devant le Nigeria et le Sénégal. Un classement que confirme le Country Focus Report 2026 de la Banque africaine de développement, publié le 30 juillet. Mais derrière ce leadership régional se cache une trajectoire en dents de scie, révélatrice des forces et des failles de l’économie ghanéenne.

Une position dominante construite sur une décennie

Sur la période 2014-2024, le Ghana a attiré en moyenne 2,6 milliards de dollars d’IDE par an, un volume qui le place devant le Nigeria (22% des flux régionaux) et le Sénégal (15%). Ce classement s’explique par la stabilité démocratique du pays, un cadre légal jugé prévisible et un environnement d’affaires relativement lisible pour les investisseurs internationaux, trois atouts que la BAD met explicitement en avant dans son rapport.

Une courbe en dents de scie depuis 2019

Le chiffre le plus frappant du rapport n’est pas la moyenne décennale, mais son amplitude. Les flux d’IDE sont passés d’un pic de 3,9 milliards de dollars en 2019 à seulement 1,7 milliard en 2024, soit une chute de plus de moitié. Cette volatilité reflète, selon la BAD, l’évolution des conditions financières mondiales, les pressions macroéconomiques domestiques et des perceptions d’investisseurs en constante réévaluation.

Or, pétrole et télécoms concentrent l’essentiel des flux

Les IDE ghanéens restent très concentrés dans les secteurs extractifs et capitalistiques, en particulier le pétrole et le gaz, les mines, les télécommunications et les services financiers. Cette concentration génère des effets de signal positifs, notamment une baisse du risque pays perçu, un effet d’entraînement sur d’autres capitaux privés et un meilleur accès au financement international, en plus de faciliter les transferts de technologie et l’intégration aux chaînes de valeur mondiales.

Le revers d’une dépendance aux matières premières

Ce même ancrage extractif expose le pays aux chocs de prix sur l’or et le pétrole, deux marchés notoirement instables. À cela s’ajoutent des fragilités plus domestiques, la dette publique élevée, la dépréciation du cedi et les pressions inflationnistes ayant, par le passé, périodiquement affaibli la confiance des investisseurs. L’engagement du Ghana dans les programmes soutenus par le FMI illustre à la fois la volonté de réforme du pays et la persistance de faiblesses structurelles.

Des obstacles institutionnels encore réels

Le rapport pointe aussi des freins plus techniques, l’incertitude réglementaire, les délais d’exécution des contrats et les inefficacités du secteur énergétique continuent de peser sur l’évaluation du risque par les investisseurs. Autre limite soulignée, la concentration des IDE dans les industries extractives freine les retombées vers la manufacture et l’agrobusiness, ce qui restreint la transformation structurelle et la création d’emplois à plus large échelle.

Ce qu’il faudrait pour consolider ce leadership

Pour la BAD, renforcer durablement le rôle de signal des IDE suppose une stabilisation macroéconomique soutenue, davantage de cohérence dans les politiques publiques et une qualité institutionnelle renforcée. La diversification des IDE vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée, couplée à des investissements dans les infrastructures et à des réformes de transparence, apparaît comme la condition pour transformer des flux de capitaux volatils en moteur stable de développement à long terme.

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