
Le groupe minier canadien Montage Gold a publié le 11 août 2026 le bilan de ses activités du deuxième trimestre en Côte d’Ivoire. Sur son projet phare de Koné, dans le centre-nord du pays, la construction avance plus vite que prévu et la première coulée d’or reste programmée pour le quatrième trimestre 2026. Le groupe muscle en parallèle deux autres projets ivoiriens, Didievi et Wendé, avec l’ambition affichée de devenir un acteur aurifère multi-actifs en Afrique de l’Ouest.
Koné, le chantier qui devance son calendrier
Situé à environ 350 kilomètres au nord-ouest de Yamoussoukro et 600 kilomètres au nord-ouest d’Abidjan, le projet Koné est présenté comme la future plus grande mine d’or de Côte d’Ivoire. Selon l’étude de faisabilité actualisée publiée en 2024, le site promet une durée de vie de 16 ans et une production supérieure à 300 000 onces d’or par an sur ses huit premières années, soit plus de 9 tonnes d’or annuelles, près de 15 % de l’objectif de production national ivoirien actuel.
Au 11 août 2026, 714,4 millions de dollars avaient été engagés sur les 885 millions de dollars de capital prévu, soit 81 % du budget total. Le chantier emploie plus de 3 600 personnes, dont plus de 95 % d’employés ivoiriens, pour près de 13 millions d’heures travaillées depuis le lancement, avec un taux de fréquence des accidents avec arrêt de travail limité à 0,08. L’usine du circuit oxyde, celui qui produira le premier or, est achevée dans ses grandes lignes et sa mise en service à sec a commencé en juillet 2026, une fois la ligne électrique de 225 kV raccordée au réseau. Les bassins de stockage des résidus et les infrastructures d’alimentation en eau, reliées à la rivière Marahoué, sont eux aussi terminés, et les premiers engins d’extraction ont commencé à être livrés sur site. Le circuit de traitement du minerai dur, plus complexe, doit quant à lui être achevé au deuxième trimestre 2027.
Comme l’exige le code minier ivoirien, l’État détient une participation gratuite de 10 % dans les deux entités qui portent les permis d’exploitation de Koné et du gisement voisin de Gbongogo.
Une ressource qui continue de grossir sous terre
Montage a relevé son programme de forage 2026 à Koné de 90 000 à 130 000 mètres, avec un budget porté à 18 millions de dollars, après 90 576 mètres déjà forés au premier semestre. Cet effort a permis de relever la ressource totale mesurée et indiquée du projet de 1,4 million d’onces, à 6,3 millions d’onces, soit près de 196 tonnes d’or, plus de trois fois l’objectif de production annuelle de tout le pays. Les ressources inférées ont pour leur part bondi de 1,6 million d’onces, à 2 millions d’onces.
L’essentiel de cette croissance provient de petits gisements satellites autour de Koné, à des teneurs plus riches que le gisement principal, dont un tout nouveau, Petit Yao, qui a livré sa première estimation de ressources en 2026. Montage a ainsi dépassé l’objectif de découverte qu’il s’était fixé fin 2024, et le marché a salué la nouvelle, l’action ayant grimpé de plus de 9 % après la publication des résultats de forage à la mi-juin 2026, valorisant l’entreprise autour de 4,9 milliards de dollars.
Didievi, la prochaine mine du groupe
Après avoir pris le contrôle d’African Gold en avril 2026, Montage a annoncé porter sa participation dans le projet Didievi, à environ 300 kilomètres au sud-est de Koné, de 80 à 95,5 %, pour une contrepartie totale d’environ 57,7 millions de dollars, financée notamment par un prêt de 75 millions de dollars auprès de Macquarie Bank. Cette opération porte au même niveau sa participation dans les permis voisins de Konahiri Nord, Konahiri Sud et Koyekro, et lui donne une option, sans date d’expiration, pour racheter une redevance additionnelle de 0,75 % sur ces permis pour 22,5 millions de dollars. Le site rassemblerait déjà près de 989 000 onces de ressources minérales, soit environ 31 tonnes d’or.
Des forages publiés le 14 juillet 2026 ont confirmé la continuité de la minéralisation sur plus de 1,3 kilomètre au gisement de Blaffo Guetto, le principal du projet. Un nouveau programme de 60 000 mètres a été lancé au deuxième trimestre, portant le total prévu pour 2026 à 85 000 mètres. Les études environnementales et sociales sont désormais engagées, Didievi étant présenté par Montage comme son prochain projet de développement après Koné.
Wendé, la réserve de croissance la plus lointaine
Plus modeste à ce stade, la propriété de Wendé, à environ 250 kilomètres au sud-est de Koné, fait l’objet d’un programme de forage de 9 000 mètres cette année, qui s’ajoute aux 60 000 mètres déjà forés par les précédents propriétaires du site. Les résultats ont confirmé la continuité de la minéralisation sur la cible de Bobosso, tandis que huit autres cibles ont été identifiées sur la propriété. Après la clôture du trimestre, Montage s’est aussi vu octroyer le permis voisin de Dabakala, qui couvre environ 349 kilomètres carrés au nord de Wendé, consolidant sa réserve foncière dans cette zone.
Une trésorerie qui tient le rythme du chantier
À fin juin 2026, Montage disposait de 154,4 millions de dollars de trésorerie, contre 79,4 millions trois mois plus tôt, portés notamment par un tirage de 156,25 millions de dollars sur sa «Wheaton Stream Facility». Au total, les liquidités et sources de financement dédiées à Koné atteignaient 309 millions de dollars, à comparer aux 261,2 millions de dollars de capital restant à décaisser sur le projet, dont seulement 161,2 millions avant la première coulée d’or. Montage a également publié en mai 2026 son premier rapport de durabilité, fondé sur le référentiel international GRI.
Une position ivoirienne qui se renforce
Ce dynamisme intervient alors que plusieurs voisins sahéliens ont durci leur cadre réglementaire minier ces dernières années, renforçant l’attrait relatif de la Côte d’Ivoire auprès des groupes miniers nord-américains, dont Montage, adossé à la famille Lundin, figure parmi les plus actifs. Si le calendrier tient, Koné versera son premier lingot dans un peu plus de quatre mois, avant que Didievi ne prenne le relais comme prochain chantier du groupe.
