
La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières a franchi, à la clôture de sa séance de cotation du 20 août 2026, un nouveau seuil symbolique dans le financement des économies de l’UEMOA. La capitalisation de son marché des actions dépasse pour la première fois les 20 000 milliards de FCFA, portée depuis le début de l’année par les valeurs bancaires et télécoms qui dominent la cote. Ce record, annoncé par la BRVM elle-même, couronne une progression continue entamée dès les premières semaines de 2026.
Un cap franchi en plein mois d’août
Au terme de la séance du 20 août 2026, la capitalisation du marché des actions s’est établie à 20 036,18 milliards de FCFA, soit environ 30,5 milliards d’euros au taux de conversion fixe de la zone franc. Ce niveau se compare aux 13 330,71 milliards de FCFA enregistrés au 31 décembre 2025, ce qui porte la progression depuis le début de l’année à 50,30 %.
Le marché n’a eu besoin que de deux séances pour ajouter plus de 480 milliards de FCFA à sa valeur depuis le seuil des 19 555,479 milliards de FCFA atteint le 18 août. La séance du 19 août a notamment vu le titre Sonatel gagner à lui seul environ 190 milliards de FCFA de capitalisation, entraînant l’indice BRVM Composite dans son sillage.
Une trajectoire multipliée par 24 depuis 1998
Ce nouveau sommet met en perspective un quart de siècle d’histoire boursière régionale. Lors du lancement de la BRVM, le 16 septembre 1998, le marché des actions affichait une capitalisation de 836,19 milliards de FCFA. Le niveau atteint ce 20 août représente donc une multiplication par vingt-quatre de cette valeur de départ.
La trajectoire n’a pourtant rien eu de linéaire. Après avoir frôlé les 8 000 milliards de FCFA en 2016, le marché a connu quatre années consécutives de repli, jusqu’à un point bas de 4 365 milliards de FCFA en 2020. La remontée post-Covid, puis l’accélération des exercices 2024 et 2025, ont ensuite porté la capitalisation au-delà des seuils de 10 000, 13 000 puis 15 000 milliards de FCFA, avant l’emballement observé depuis le mois de juin 2026.
Banques et télécoms concentrent l’essentiel de la valeur
Cette capitalisation reste très concentrée. Selon la répartition sectorielle publiée par la BRVM, les services financiers pèsent pour 44,16 % du total, devant les télécommunications (33,36 %) et la consommation de base (12,54 %). À eux trois, ces secteurs représentent 90,06 % de la valeur boursière du marché des actions, laissant une place résiduelle à l’ensemble des autres compartiments de la cote.
Au niveau des entreprises, cinq valeurs concentrent près de la moitié du marché. Sonatel, Orange Côte d’Ivoire, Société Générale Côte d’Ivoire, Ecobank Transnational Incorporated et Coris Bank International représentent ensemble 49,16 % de la capitalisation totale, sur un marché qui compte désormais 47 sociétés cotées.
Un contexte régional porteur pour les marchés de capitaux
La BRVM inscrit cette performance dans une dynamique plus large de regain d’attractivité des marchés de capitaux, en Afrique comme ailleurs. L’institution évoque notamment le retour des introductions en bourse, la réalisation d’opérations d’augmentation de capital et un intérêt renouvelé des investisseurs institutionnels et particuliers pour les sociétés cotées.
Ce mouvement s’inscrit dans la continuité de l’exercice 2025, achevé avec une capitalisation boursière globale, actions et obligations réunies, de 24 781,3 milliards de FCFA, soit 18,37 % du produit intérieur brut de l’UEMOA, pour une place déjà classée cinquième bourse africaine à l’époque.
Le marché boursier, appelé à financer d’autres pans de l’économie
Au-delà du seuil symbolique, la BRVM y voit un argument pour élargir son rôle dans le financement à long terme des économies de l’Union. L’institution mentionne explicitement la finance durable, la technologie et l’ouverture vers d’autres instruments ou secteurs, notamment les mines et l’agriculture, comme prochains relais de croissance pour le marché financier régional.
Reste que la concentration actuelle, avec trois secteurs qui représentent plus de 90 % de la capitalisation, illustre l’ampleur du chemin qui sépare cette ambition affichée de sa réalisation. Diversifier la cote sera sans doute le prochain test de maturité pour une place boursière qui vient de multiplier sa valeur par vingt-quatre en moins de trois décennies.

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