
Au 20 août 2026, les services financiers représentaient 44,16 % de la capitalisation des actions de la BRVM et les télécommunications 33,36 %, selon la Bourse régionale elle-même. Sept semaines plus tard, les télécoms ont encore gagné du terrain, et les deux secteurs réunis pèsent désormais plus de 80 % du marché. Derrière ces pourcentages, un mécanisme simple permet à une poignée de sociétés d’orienter toute la cote.
Ce que « peser » veut dire en Bourse
La taille d’une société cotée se mesure par sa capitalisation boursière, c’est-à-dire le prix d’une action multiplié par le nombre d’actions existantes. Sonatel compte 100 millions de titres, cotés 44 980 FCFA au 8 octobre 2026, ce qui donne 4 498 milliards de FCFA à elle seule. Rapportée aux 21 506 milliards de FCFA de l’ensemble des 48 sociétés cotées, cette valeur représente le poids de Sonatel dans le marché, soit 20,92 %. En additionnant les poids des sociétés d’un même secteur, on obtient la part de ce secteur dans la Bourse, ce que mesurent justement les pourcentages publiés par la BRVM.
Deux secteurs, vingt sociétés, plus de 80 % du marché
Au 20 août 2026, la BRVM chiffrait à 44,16 % la part des services financiers et à 33,36 % celle des télécommunications, au moment où la capitalisation franchissait les 20 000 milliards de FCFA. Au 8 octobre 2026, les capitalisations publiées par la BRVM donnent 43,21 % pour les services financiers, qui regroupent 17 sociétés, des banques pour la quasi-totalité, et 37,25 % pour les télécoms, qui n’en comptent que trois. Ces vingt valeurs sur 48 pèsent donc 80,46 % de la Bourse, contre 77,52 % sept semaines plus tôt.
Le glissement vient des télécoms, qui gagnent près de quatre points, alors que les services financiers en perdent presque un, malgré l’arrivée de Bridge Bank Group sur la cote le 24 septembre 2026. Cette nouvelle venue, qui porte à 48 le nombre de sociétés cotées contre 47 en août, pèse 2,37 % du marché. Sans elle, la part des services financiers tomberait autour de 42 %.
Deux sociétés du groupe Orange pèsent plus d’un tiers de la Bourse
Dans les télécoms, tout se joue sur deux noms. Sonatel pèse 20,92 % de la capitalisation et Orange Côte d’Ivoire 15,40 %, soit 36,32 % à elles deux, alors qu’Onatel, la troisième société du secteur, n’en représente que 0,93 %. Toutes deux appartiennent au groupe Orange. Avec Société Générale Côte d’Ivoire, Ecobank Transnational et Coris Bank International, elles forment les cinq plus grosses valeurs du marché, les mêmes qu’en août, dont le poids cumulé est passé de 49,16 % à 52,37 %.
Cette taille est en partie théorique. Seule la fraction détenue par le public, qu’on appelle le flottant, s’échange réellement. La BRVM l’évalue à près de 22 % de la capitalisation de Sonatel et à 20 % de celle d’Orange Côte d’Ivoire, le reste demeurant aux mains d’actionnaires de référence.
Quand un seul titre fait bouger le marché
Le 2 octobre 2026, l’action Orange Côte d’Ivoire a reculé de 5,48 %, à 20 605 FCFA. Rapportée aux 150,7 millions de titres, cette baisse a effacé environ 180 milliards de FCFA de capitalisation, soit à peu près le double du repli de 88 milliards de l’ensemble du marché des actions ce jour-là. Le reste de la cote avait donc progressé dans le même temps.
Les échanges suivent la même logique. À la séance du 7 octobre 2026, les services financiers et les télécoms ont concentré plus de 84 % de la valeur des transactions sur actions. La liquidité, c’est-à-dire la facilité d’acheter ou de vendre un titre sans en faire bouger le cours, se concentre donc sur les mêmes secteurs que la capitalisation.
Une concentration nourrie par la hausse
La concentration ne tombe pas du ciel, elle se nourrit de la performance. Depuis le 1er janvier 2026, la capitalisation des actions a bondi de 61,33 %, de 13 330,71 à 21 506 milliards de FCFA. Selon les sept indices sectoriels que la BRVM publie depuis le 2 janvier 2026, les services financiers affichent +68,60 % et les télécoms +62,36 % au 7 octobre 2026, contre +23,74 % pour la consommation de base et +11,70 % pour la consommation discrétionnaire. Plus un secteur grimpe vite, plus son poids augmente mécaniquement, et plus il pèse ensuite sur l’ensemble.
Depuis le 20 août 2026, ce sont surtout les télécoms qui ont pris le relais. La capitalisation de leurs trois sociétés a progressé d’environ 20 %, contre 7 % pour l’ensemble du marché des actions.
Lire la cote avec les bonnes lunettes
Quand l’indice de la Bourse grimpe, c’est donc avant tout la santé de quelques banques et des deux sociétés du groupe Orange qui s’exprime. Les quatre autres secteurs, l’énergie, les industriels, la consommation discrétionnaire et les services publics, se partageaient 9,94 % de la capitalisation au 20 août 2026. La diversification qu’on attend d’une Bourse de 48 sociétés reste, pour l’instant, davantage une promesse qu’un fait.
