Côte d’Ivoire : qui achète vraiment ses exportations, pays par pays

Port maritime au coucher du soleil, avec des piles de conteneurs et des grues de chargement

Les exportations de la Côte d’Ivoire ont atteint 17 136,7 milliards de FCFA en 2025, en hausse de 32 % sur un an. Le classement des acheteurs, établi à partir de la base Comtrade des Nations unies, place la Suisse et les Pays-Bas en tête, devant le Mali, le Vietnam et les États-Unis. Derrière chaque pays se cache presque toujours un produit, de l’or au cajou, qui explique sa place.

Suisse et Pays-Bas, deux clients pour plus d’un quart des ventes

La Suisse a acheté pour 4,27 milliards de dollars de produits ivoiriens en 2025, soit 14,5 % d’un total d’environ 29,4 milliards. Les Pays-Bas suivent avec 3,71 milliards, soit 12,6 %. À eux deux, ces clients absorbent plus d’un quart des ventes à l’étranger, un poids déjà visible en 2024, quand les douanes ivoiriennes comptabilisaient 13,5 % pour la Suisse et 12,3 % pour les Pays-Bas.

Ces deux places s’expliquent par des produits précis. La Suisse achète surtout de l’or, un métal qui pesait 15,4 % des exportations ivoiriennes en 2024. Les Pays-Bas restent le client historique du cacao, auquel s’est ajouté plus récemment le pétrole brut. En 2024, l’Union européenne a reçu 66,2 % des fèves exportées, et, au sein de ces achats européens, les Pays-Bas en captaient à eux seuls 42 %, soit environ 28 % du total, devant la Belgique (17,3 %) et l’Allemagne (13,9 %).

Le Mali et les voisins, des clients de proximité

Le Mali arrive troisième avec 1,67 milliard de dollars, soit 5,7 % des ventes, et il achète d’abord des carburants. En 2024, les produits pétroliers autres que le brut représentaient 1,1 milliard d’euros des 1,5 milliard d’euros livrés au Mali.

Le Burkina Faso occupe le quatorzième rang avec 0,72 milliard de dollars, le Ghana et le Sénégal pèsent respectivement 0,47 et 0,19 milliard. Les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont absorbé 14,3 % des exportations ivoiriennes en 2024, soit moins de la moitié de la part de l’Union européenne.

Le cajou et le caoutchouc tournés vers l’Asie

Le Vietnam, quatrième client avec 1,58 milliard de dollars (5,4 %), doit sa place au cajou. En 2024, il achetait pour 580 millions d’euros de noix sur 770 millions d’euros de ventes totales vers ce pays. En 2025, plus de 860 000 tonnes de noix brutes ont quitté la Côte d’Ivoire, surtout vers le Vietnam et l’Inde, pendant que la transformation locale atteignait 43 % d’une récolte commercialisée record de 1,55 million de tonnes. L’Inde se classe quinzième, avec 0,67 milliard de dollars.

Le caoutchouc naturel, qui représentait 12,1 % des exportations en 2024, part surtout vers l’Asie et les États-Unis pour la fabrication de pneumatiques. La Malaisie, quatrième client en 2023, est tombée au douzième rang en 2024, ses achats ayant reculé de 183 millions d’euros avec la baisse des ventes de caoutchouc. Elle est treizième en 2025, avec 0,80 milliard de dollars. La Chine, neuvième, achète pour 1,14 milliard.

Les États-Unis et l’Europe, le cacao en toile de fond

Les États-Unis sont cinquièmes en 2025 avec 1,57 milliard de dollars (5,3 %), après être passés de la huitième à la quatrième place en 2024. Le cacao en est le moteur, puisqu’ils ont reçu 7,7 % des fèves exportées en 2024, devant la Malaisie (6,2 %) et le Royaume-Uni (5,6 %). Un droit de douane de 15 % sur les produits ivoiriens devait s’appliquer à partir du 7 août 2025, puis Washington a retiré le cacao de la liste des produits taxés, avec effet rétroactif au 13 novembre 2025.

La France se classe sixième, avec 1,50 milliard de dollars (5,1 %), et achète surtout du cacao transformé, qui représentait 420 millions d’euros de ses 720 millions d’euros d’achats en 2024. La Belgique, l’Allemagne et l’Espagne suivent avec 1,35, 1,20 et 0,93 milliard de dollars. L’Union européenne, qui absorbait 33,6 % des exportations ivoiriennes en 2024, fixe aussi les règles d’entrée de plusieurs produits agricoles ivoiriens.

La moitié des ventes tient à deux produits

Le classement des acheteurs reflète surtout celui des produits. En 2024, le cacao, fèves et produits transformés, et l’or représentaient à eux seuls 50,6 % des exportations ivoiriennes, ce qui suffit à expliquer le haut du tableau.

Ces deux filières accélèrent en 2026. Au premier trimestre, les exportations ont atteint 5 180,9 milliards de FCFA, en hausse de 13,3 %, pour un excédent commercial de 2 433 milliards contre 1 777 milliards un an plus tôt. L’or brut progresse de 43,9 %, les fèves de cacao de 15,1 %, le beurre de cacao de 20,1 % et la pâte de cacao de 24,7 %.

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