CALAO South, pourquoi le nouveau gisement pétrolier ivoirien porte le nom d’un oiseau ?

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Pendant que le monde entier parle de barils et de milliards de dollars, la Côte d’Ivoire, elle, baptise ses réserves de pétrole comme un inventaire de la savane. Après la baleine, voici le calao, un oiseau bien connu des forêts ouest-africaines, désormais associé à l’une des plus grosses découvertes pétrolières du pays.

Ce que Calao South a vraiment dans le ventre

Le 16 février 2026, le ministère ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie a annoncé une nouvelle découverte commerciale d’hydrocarbures, réalisée par le groupe italien Eni en partenariat avec la société nationale PETROCI Holding. Le gisement, baptisé Calao South, a été localisé sur le bloc offshore CI-501, à l’issue du forage du puits d’exploration Murène South-1X, poussé jusqu’à 5 058 mètres de profondeur, dont environ 2 200 mètres de tranche d’eau. Combinées à celles du bloc voisin CI-205, les ressources identifiées sont estimées à environ 1,4 milliard de barils équivalent pétrole, sous forme de pétrole léger, de gaz naturel et de condensats.

Un vrai oiseau, pas juste un joli nom

Le calao n’est pas une invention marketing, c’est un oiseau bien réel, reconnaissable à son bec massif et souvent surmonté d’une excroissance en forme de casque, que l’on retrouve dans plusieurs forêts d’Afrique de l’Ouest. Il occupe une place symbolique dans plusieurs cultures de la région, où on lui prête parfois un rôle de messager ou de gardien de la forêt. De quoi donner un supplément d’âme à un puits creusé à plus de 5 000 mètres sous l’océan Atlantique.

Un bestiaire pétrolier bien fourni

Calao n’est pas un cas isolé. Le champ Baleine, plus gros gisement du pays avec plus de 2,5 milliards de barils de pétrole et plus de 3 000 milliards de pieds cubes de gaz, a ouvert le bal en 2021. Depuis, les blocs et puits explorés au large d’Abidjan ont été baptisés Baobab, Lion, Panthère ou encore Murène, ce dernier désignant justement le puits d’exploration à l’origine de la découverte de Calao South. Un choix de noms qui doit sans doute davantage à la tradition des compagnies pétrolières de baptiser leurs gisements par code plutôt qu’à une véritable stratégie de communication nationale, mais qui donne au bassin sédimentaire ivoirien des allures de parc animalier.

Ce que ce bestiaire représente en vrai

Derrière les noms d’animaux, les chiffres restent sérieux. La Côte d’Ivoire produit aujourd’hui environ 60 000 barils de pétrole par jour, un volume que le gouvernement ambitionne de porter à 300 000 barils par jour d’ici 2030, notamment grâce à la montée en puissance des champs Baleine et Calao. C’est la quatrième découverte d’ampleur au large du pays en cinq ans, un rythme qui commence à faire de la Côte d’Ivoire un acteur pétrolier à part entière dans le golfe de Guinée, quelques kilomètres à peine séparant, sous la mer, la baleine du calao.

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